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Camille Lhomme, professeure des écoles détachée pour service à l’étranger (Los Angeles)

Interview réalisée par Alexandra Mazzilli, Adhérente accompagnée dans son projet de reconversion comme journaliste

Camille Lhomme, 27 ans, est professeure des écoles depuis 2007, titularisée en 2008. Après des années de galère professionnelles dans l’Académie de Nice et le département du Var, elle a choisi de se faire recruter par un lycée français à Los Angeles, suivant la voie d’un détachement administratif pour service à l’étranger. Depuis deux ans, elle enseigne dans une classe de CP là-bas et s’y plaît beaucoup. Elle nous fait part aujourd’hui de son expérience là-bas et de ses doutes quant à un éventuel retour en France.

Quelles études as-tu suivies et pourquoi es-tu devenue enseignante ?

Après mon baccalauréat, je suis entrée à la fac et j’ai suivi le cursus normal pour obtenir une licence de Mathématiques Appliquées aux Sciences Humaines et Sociales (il s’agit en fait de l’ancienne filière MASS qui a été transformée en MASHS). J’y ai étudié notamment les statistiques, la sociologie, la psychologie, l’écologie… C’est un parcours très complet. Je l’ai choisi parce qu’il me semblait le plus ouvert pour préparer au professorat des écoles, le cursus en Sciences de l’Education n’existant pas encore. J’ai toujours su que je voulais être enseignante pour travailler avec des enfants mais aussi pour leur faire passer des savoirs, me sentir utile. Pour moi, c’est une vocation.

Comment se sont passées tes premières années dans l’Education Nationale ? Quel a été ton parcours de carrière ?

Mes premières années se sont bien passées, je n’ai pas connu de problèmes majeurs mais ce n’était tout de même pas l’entrée dans le métier que j’avais espérée. En effet, j’ai commencé par être « trimballée » d’un bout à l’autre du département, sur des postes que je n’avais jamais demandés. Ca a duré trois ans.

En 2008-2009, j’ai eu un CP aux Arcs dans la circonscription du Muy, dans le Var, très loin de Saint-Mandrier où je résidais alors.
L’année suivante, j’ai été nommée la veille de la rentrée comme remplaçante dans la circonscription de Sainte-Maxime, avec tous les inconvénients que cela peut créer : les embouteillages interminables par exemple, sur les routes du secteur pendant la saison touristique, d’avril à novembre à peu près (j’étais amenée à me rendre quotidiennement dans des villes telles que Ramatuelle, Grimaud, Gassin) ou la nécessité de trouver un appartement dans le Golfe de Saint-Tropez en une journée, suite à ma nomination.

En 2010-2011, j’ai été nommée au mouvement complémentaire comme TRS (Titulaire Remplaçante Secteur) sur la circonscription de Saint-Paul-en-Forêt, à la limite du Haut-Var et je tournais sur trois classes différentes, sans n’avoir jamais demandé ce type de poste non plus.

Même la première année où j’ai eu la chance d’obtenir un CP à l’année, je n’ai jamais été titulaire d’un poste puisque nommée au second mouvement voire au troisième mouvement, ce qui m’obligeait du reste à déménager chaque année, souvent dans l’urgence pour relouer un nouvel appartement dans les secteurs où je devais enseigner et que je n’ai jamais choisi non plus. C’est pour toutes ces raisons que j’ai décidé de partir.

Depuis 2011, je suis à Los Angeles, dans une classe de CP, c’est un niveau que j’affectionne particulièrement, pour un lycée français privé, qui va de la Petite Section de Maternelle à la Terminale.

Tu as choisi de t’expatrier relativement tôt dans ta carrière… Peux-tu nous en expliquer les raisons ? Pourquoi ne pas avoir choisi de continuer à exercer en France, plus près de ta famille et de tes amis ?

Ce n’est pas dans les conditions de travail que j’ai subies lors de mes premières années d’exercice de cette profession que j’envisageais mon métier d’enseignante. J’ai ressenti beaucoup de frustrations car je ne pouvais pas me poser ni m’investir dans une classe, monter des projets et avoir également un véritable suivi des enfants - c’est en tout cas ce que je recherchais à la base lorsque j’ai choisi ce métier et que je ne pouvais absolument pas faire en étant remplaçante ou TRS, en sachant, en plus, que je n’avais pas demandé ce type de postes. Evidemment, il y a des gens à qui cela convient ce n’est pas mon cas.

C’est pour cette raison principale que j’ai choisi de partir. Ici, on me proposait une classe à moi dans un niveau que j’aime et que j’ai eu la chance de pouvoir choisir, avec la possibilité de bénéficier d’effectifs réduits (actuellement, je n’ai que 12 élèves).

Quand je suis rentrée dans le métier j’étais d’accord pour « manger mon pain noir »,. Je comprends très bien que lorsque tu arrives, tu ne peux pas tout avoir d’un coup, je suis consciente de cela et même d’accord pour fournir quelques temps les efforts demandés par l’académie à ce niveau-là. Mais au bout de quatre ans de frustrations, c’est trop…

Mon père, militaire, était habitué à bouger et avec ma mère, ils m’ont encouragée dans cette voie : je suis jeune, je n’ai pas d’attache et c’était le moment ou jamais pour le faire… Surtout, ils ont regardé et analysé les conditions de vie et de travail que j’allais connaître en partant et franchement, il n’y avait pas photo !

Mon objectif, c’était de partir quelques temps, une à deux années. Je me disais que, quand je rentrerai, j’aurais assez d’ancienneté pour être titularisée sur un poste définitif, et finalement avec la loi sur les rythmes scolaires en préparation, la politique de gestion des ressources humaines qui continue d’être appliquée et toutes les difficultés dont j’entends parler, je me rends compte que ça risque d’être pire.

D’un point de vue pratique et administratif, quelles démarches as-tu menées pour pouvoir aller enseigner aux Etats-Unis ? Quel est ton statut actuel ? L’Education Nationale finance-t-elle tout ou partie de ton projet ?

Le cas des Etats-Unis est particulier : les lycées opèrent par recrutements locaux (le salaire est donc variable d’un lycée à l’autre). C’est le lycée où j’ai postulé qui m’a embauchée directement. C’est vraiment très particulier aux Etats-Unis. Pour partir, la démarche est la suivante : il faut envoyer des CV et des lettres de motivation ainsi que ses rapports d’inspection aux lycées qui nous intéressent là-bas. Quand tu as signé ton contrat avec le lycée (les échanges peuvent se faire par skype, mail, courrier postal ou téléphone) et si l’établissement est homologué par l’Education Nationale (il suit le programme par exemple), tu peux alors obtenir un détachement administratif (cela signifie que l’ancienneté continue de courir mais attention : c’est le lycée qui te paie, pas l’Education Nationale). On peut être en détachement indéfiniment tant que l’académie de rattachement ne nous rappelle pas pour un cas de déficit de personnel. L’académie peut refuser de renouveler le détachement (renouvelable tous les ans) mais dans le Var et les Alpes-Maritimes (Académie de Nice), avec les cas de surnombres chaque année, je sais que je ne cours aucun risque (c’est une académie largement excédentaire même si ce cas de figure est très rare). Mais j’ai côtoyé des collègues à Los Angeles qui n’ont pas été renouvelés car ils arrivaient d’autres académies qui étaient en manque de personnel. Actuellement, je suis donc professeure des écoles détachée pour service à l’étranger. Il y a quand même quelque chose que je ne trouve pas normal : je ne tire aucun bénéfice de mon séjour à étranger pour le mouvement, si ce n’est que je passe tous mes échelons au grand choix. Il n’y a aucun bonus au fait d’arriver de l’étranger, le barème n’est pas valorisé d’un point ou deux. Je trouve cela abusé.

Je pense que l’Education Nationale pourrait faire un geste vis-à-vis des enseignants qui ont le courage de partir à l’étranger (ça demande quand même des efforts et des sacrifices, ça permet d’acquérir un autre type d’expérience, de se perfectionner en s’adaptant à de nouvelles contraintes,…) et ce n’est pas reconnu (en fait, je pense que ça arrange même l’Education Nationale car ça fait une personne de moins à caser et à gérer !).

Comment s’organise tes journées et ton enseignement là-bas ?

C’est un lycée qui propose tous les niveaux de la Petite Section de Maternelle à la Terminale. Depuis mon arrivée, j’ai un CP, c’est le niveau que je préfère et que j’ai pu choisir. J’utilise la méthode Un monde à lire que j’ai adaptée largement parce qu’avec des enfants non francophones, bilingues ou même trilingues, un tel apprentissage nécessite des adaptations et beaucoup de différenciation. Principalement, j’enseigne à des familles d’expatriés français : ce sont souvent des enfants qui ont deux parents français, qui ne sont pas sûrs et certains de rester aux Etats-Unis à vie, donc les enfants reçoivent un enseignement français pour ne pas être perdus à leur retour en France. Il y a aussi des enfants avec un parent français et un parent américain : dans ce cas, le lycée français leur convient bien car ils reçoivent des enseignements dans les deux langues. Enfin, il y a des enfants qui ont leurs deux parents américains et qui les inscrivent là parce que l’enseignement français a une réputation d’excellence ou parce qu’ils veulent qu‘ils apprennent le français. L’anglais dans ma classe est enseigné par un autre professeur. Il y a toujours deux enseignants sur chaque poste. J’ai la classe trois quarts de temps par jour et le professeur d’anglais enseigne le quatrième quart. Malgré tout, au cours de la journée, pour les enfants non francophones, les apprentissages en français sont parfois difficiles donc il m’arrive d’avoir recours à la traduction, soit par moi soit par les autres enfants. Je travaille à plein temps donc le dernier quart de la journée, je remplace un enseignant absent et si personne n’est à remplacer, c’est du temps de corrections et de préparations que je garde pour moi, c’est bien sûr très appréciable. On applique les programmes français, les enseignements se font cinq jours pleins par semaine mais nous finissons à 15h l’après-midi. Chaque semaine, il faut rajouter en plus une heure de soutien le jeudi et une heure de réunion d’équipe le mercredi. Sinon, mes élèves sont le plus souvent des enfants sages et adorables, des « crèmes ». Je n’ai absolument aucun problème de discipline, je n’ai pas à faire la police. Les niveaux sont bons aussi, cette année, sur douze élèves, je n’en ai que deux en petite difficulté. Pour les vacances, j’ai une semaine à la Toussaint, en février et en avril, deux semaines à Noël et deux mois l’été. En général, je rentre en France pendant l’été puis à Noël pour voir ma famille et mes amis.

D’un point de vue financier, est-ce vraiment plus avantageux de choisir la voie de l’expatriation, comme on a l’habitude de le penser ?

Pour les Etats-Unis non parce qu’on ne part pas avec l’Education Nationale : contrairement aux fonctionnaires qui ont un statut d’expatriés, nous ne touchons pas de primes, nous n’avons pas de billets allers-retours payés, ni aucune aide quelle qu’elle soit, tout simplement parce que je suis en contrat local. Je n’ai pas un statut d’expatrié, juste un statut de détaché administratif en contrat local. La vie est beaucoup plus chère (appartement loué, essence,…). Ce sont des établissements privés donc les situations sont très différentes d’un lycée à l’autre, chaque lycée paie comme il le souhaite. Je me pose des questions pour l’année prochaine car là j’étais exonérée d’impôts pour les deux premières années mais la troisième tu dois payer tes impôt fédéraux américains soit environ 700 dollars par mois pour la Californie (nous n’avons pas de salaire brut donc une partie correspond aux prélèvements sur salaire brut que nous avons en France, environ 300 euros mensuels pour un salaire moyen de 1500 euros). Si je décide de rentrer, mon académie de rattachement a l’obligation de me réintégrer, mon département de rattachement même, donc le Var en ce qui me concerne. Pour ce faire, il me suffit d’envoyer une lettre à l’Inspection Académique (ndrl : rebaptisée il y a peu Direction des Services Départementaux de l’Education Nationale) disant que je souhaite réintégrer mon poste dans le Var pour participer au mouvement (ou alors, mon académie m’intègre d’office au mouvement si je ne suis pas dans les délais).

Quels grands projets pédagogiques as-tu menés ?

Je n’ai pas pu mener vraiment de grands projets pédagogiques en France car je n’ai pas eu de classe à moi sur l’année, sauf lors de ma toute première année de titularisation, mais c’était ma première année et j’avais un CP, donc je ne me suis pas aventurée dans des choses trop compliquées.

Ici, je n’ai pas le temps matériel de monter des projets pédagogiques car je n’ai la classe que trois quarts de temps par jour, ça réduit les heures d’enseignement, il faut donc avancer dans le programme français, en tenant compte du quota horaire préconisé par les instructions officielles.

En ce qui me concerne, mon plus grand projet mené à bien est celui de l’adaptation au milieu bilingue : c’est une adaptation au quotidien qui touche la pratique de classe et la façon dont on aborde les enfants.

Quelles compétences penses-tu avoir acquises dans l’enseignement, notamment dans ton expérience à l’étranger, et lesquelles te paraissent transférables dans le monde du travail ?

J’ai essentiellement développé des compétences de FLE (Français Langues Etrangères) pendant cette expérience. J’ai développé mon anglais au niveau de la compréhension. Mais le regret de beaucoup d’enseignants est de ne pas avoir suffisamment progressé en anglais car on bosse beaucoup entre français. Ensuite, j’ai développé des compétences dans la gestion de la différenciation, la prise en compte de la diversité de mon public.

Aujourd’hui, il est très difficile pour un enseignant qui souhaite se reconvertir de se faire recruter en détachement ou dans le privé, car les recruteurs ne font pas confiance à des personnes qui ne savent « rien faire d’autre »… Penses-tu qu’une expérience d’expatriation comme la tienne est de nature à ajouter une véritable plus-value sur un CV dans l’hypothèse d’une reconversion professionnelle dans un tout autre domaine ?

Oui car le fait d’être parti à l’étranger montre que tu es motivée pour bouger et découvrir d’autres choses. Ca montre aussi tes capacités d’adaptation. Ca développe les capacités langagières, le niveau d’anglais qui est presque aujourd’hui un incontournable, ainsi que la volonté de découvrir d’autres choses, ça démontre l’ouverture culturelle et l’ouverture d’esprit qui va avec la personne.

As-tu déjà eu le sentiment de souffrir ou de ne pas t’épanouir complètement au sein de l’Education Nationale et dans l’exercice d’une profession que tu as choisie par vocation, de vivre des situations de complète démotivation ?

Oui au début de ma carrière. J’ai connu un sentiment de frustration très important dû au fait de ne pas pouvoir s’investir à long terme dans une classe et dans une équipe pédagogique, lorsqu’on est sur des postes de remplaçant ou de TRS sans l’avoir jamais demandé, comme cela a été mon cas en France pendant trois ans.

Est-ce que le fait d’enseigner à l’étranger te permet de te sentir véritablement mieux dans ton métier ?

Oui, c’est évident : j’ai ma classe à moi, dans un niveau qui me plaît et que j’ai pu choisir, avec une effectif réduit. Ce sont des conditions de rêve pour enseigner.

Quelles sont les difficultés que tu rencontres là-bas ?

Il a fallu s’adapter à un enseignement privé complètement différent de l’enseignement public en France. Ici, l’école, c’est une entreprise et l’esprit d’entreprise domine : compétitivité, besoin de contact avec les parents, promotion de l’école, recrutement de nouveaux élèves, fidélisation des familles,... Même si beaucoup de ces tâches incombent au directeur de l’école et à son équipe, cela a un impact sur les professeurs : cela nous touche indirectement dans notre rapport aux parents ou les résultats de fin d’année. Il n’y a aucune sécurité de l’emploi, si tu ne fais pas l’affaire, au bout d’un an le contrat n’est pas renouvelé.

D’un point de vue personnel, les premiers mois sont mouvementés, il y a beaucoup de choses à faire pour s’installer : quand tu arrives, tu es submergée pendant un bon mois. Mais j’ai eu de la chance : j’ai été recrutée en janvier pour le mois de septembre de la même année, j’ai donc eu du temps pour tout préparer, mais il arrive que des personnes soient recrutées plus tard dans l’année, et alors là, c’est la course. La Californie ne reconnaît pas le permis français, donc j’ai été obligé de repasser mon permis (on a trois mois pour le faire, dans l’intervalle, on a le droit de conduire avec notre permis français), car à Los Angeles, une voiture est absolument indispensable : il y a des villes aux Etats-Unis où tu n’as pas besoin de voiture (New York par exemple) mais à Los Angeles, ce n’est même pas la peine d’y penser tellement c’est immense, tu peux faire une heure d’autoroute à 100 km/h et tu n’as toujours pas quitté la ville ! Comme nous sommes quand même dans un contexte expatrié, ça resserre les liens entre Français. Nous sommes tous dans le même bateau, nous connaissons tous les mêmes galères, nous sommes tous passés par les mêmes phases ; Skype aide beaucoup pour les relations avec la famille. J’ai eu des moments bien drôles aussi : à la caisse d’un magasin, un monsieur nous entendant parler avec une copine nous demande si nous sommes françaises, nous lui répondons que oui et il s’exclame alors « Oh ! La tour de Pise !!! ». La culture américaine reste très égocentrique, et en dehors des Etats-Unis, le monde n’a pas beaucoup d’importance même si tous les Américains ne sont pas pareils, ne généralisons pas. Par contre, je n’ai pas eu de véritable choc culturel car la culture américaine n’est pas radicalement différente de la nôtre.

Cela fait maintenant deux ans que tu es à Los Angeles. Combien de temps penses-tu y rester ? Qu’envisages-tu pour les années futures ?

Justement, la question des impôts fait que je me pose des questions pour l’année prochaine. J’envisage soit d’aller ailleurs aux Etats-Unis, dans un établissement qui paie mieux… Si je décide de rester à Los Angeles, je galère financièrement ; si je décide de rentrer en France, je galère professionnellement. Il n’y a pas d’autres pays qui m’attirent vraiment. J’ai toujours eu ce « rêve américain », cette envie de connaitre la vie aux Etats-Unis. Quand je compare ce que j’aurais vécu en France au niveau professionnel si j’étais restée et ce que je vis actuellement, il n’y a pas photo.

Je rentrerai forcément un jour. J’étais partie pour deux ans le temps que la situation administrative s’améliore dans le Var mais comme ce n’est pas le cas, je risque de prolonger un peu.

Si tu rentres et que la situation reste compliquée, comment comptes-tu gérer tout cela ?

Je ferai au mieux comme je l’ai toujours fait jusqu’à maintenant, ce n’est pas comme si je n’avais pas l’habitude ! Il faudra bien gérer… De toute façon, l’Education Nationale s’est chargée de me former sur ce plan là, ce sera difficile de m’y réadapter mais je n’aurai pas le choix et si ça devient trop difficile et trop pénible je repartirai ou j’envisagerai une reconversion.

Justement… Je sais que tu envisages une reconversion professionnelle dans le droit pour devenir juge ou avocate…

Peux-tu nous en dire un peu plus ? Comment comptes-tu t’y prendre pour mener à bien cette reconversion professionnelle ?


Oh… C’est une idée comme ça car ça m’a l’air super difficile et je ne suis pas sûre d’y arriver. Je l’ai envisagée à un moment mais ce n’est pas réaliste quand on voit le niveau de ce qui est demandé, même si je décide de passer en interne le concours de la magistrature car il est quand même plus accessible. Mais je ne pense pas avoir les capacités pour le réussir…

Pourquoi envisages-tu cette reconversion ?

Ce domaine m’a toujours assez tenté et intéressé aussi, et c’est peut-être une opportunité en tant que fonctionnaire qu’on pouvait avoir…

Que conseillerais-tu à un enseignant qui souhaite réaliser une mobilité professionnelle à l’étranger ?

De sauter le pas. D’y aller, de foncer car c’est une aventure très enrichissante, de ne pas hésiter, de tenter le coup surtout s’il en a vraiment envie. Ca vaut la peine de voir d’autres façons d’envisager l’enseignement ailleurs et d’être confronté à d’autres publics.

Connais-tu l’association Aide aux profs ? Que penses-tu de son action ? Penses-tu qu’elle pourra t’être utile dans la réalisation d’une future et éventuelle reconversion professionnelle ?

Je ne connaissais pas. C’est très bien si ça peut aider des gens en souffrance, toute aide est bonne à prendre ; je pense que cette association peut donner des idées, des orientations et des ouvertures auxquelles on n’aurait pas forcément pensé. Je pense qu’elle pourra éventuellement m’être utile un jour oui…


Association Aide aux Profs,
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