Pourquoi les femmes se font toujours avoir ? est le dernier ouvrage d’Yves Deloison, journaliste et ami d'Aide aux Profs
Pourquoi les femmes se font toujours avoir ? est le dernier ouvrage d’Yves Deloison, journaliste, qu’Aide aux Profs vous a présenté à plusieurs reprises car c’est un spécialiste lui aussi du changement professionnel, auteur de plusieurs ouvrages permettant à tout un chacun de changer de job, de changer tout dans sa vie, pour réaliser un rêve de jeunesse, ou un projet mûri au fil du temps.
Soucieux d’aider les autres à concilier leur vie privée et professionnelle, Yves Deloison met les pieds dans le plat pour nous interpeller sur la situation des femmes dans notre société, puisqu’elles représentent 52% de la population, alors qu’elles sont bien souvent traitées par les pouvoirs publics comme une minorité, puisqu’elles occupent majoritairement des emplois peu qualifiés, et qu’il leur est difficile, dans une société où les pouvoirs sont très souvent entre les mains des hommes, de faire entendre leur voix.
Les femmes ont un double emploi, mal reconnu par la société, et dont le stress est sous-estimé par les employeurs, souvent des hommes, qui oublient que l’énergie que dépensent les femmes au travail ne s’arrête pas en s’asseyant dans un fauteuil pour lire son journal le soir, le partage des taches étant encore trop souvent inégalitaire dans les couples, avec un véritable double emploi du temps à gérer pour Elles. Comme le dit Yves, « elles se font avoir sur toute la ligne ».
Est-ce de leur faute ? Sont-elles des victimes ? Leur est-il possible de changer les choses ? Yves Deloison nous livre dans ce livre choc, bien décidé à faire tomber les tabous, des témoignages, des conseils, des recettes, des actions à réaliser, des exercices à pratiquer, des tests…pour accompagner toute femme qui souhaite prendre son changement en main, en sortant du circuit de culpabilisation dans lequel elle évolue, pour, enfin, s’affirmer, et s’épanouir personnellement et professionnellement.
Yves DELOISON Pourquoi les femmes se font toujours avoir ? FIRST Editions, 254 pages.
Yves Deloison a répondu aux questions d’Aide aux Profs : (la photo est de Julien Benhamou)
Pourquoi avoir voulu écrire sur le thème des "femmes qui se font toujours avoir", alors que votre travail porte sur la mobilité professionnelle ?
D’une part, je suis journaliste et dans mon métier j’aborde tous les sujets de société. Celui-ci m’intéresse en particulier depuis de nombreuses années. Dans le cadre de mes précédentes activités, lorsque je travaillais dans le domaine de l’orientation professionnelle, je me suis penché sur la question de l’égalité salariale entre les femmes et les hommes. En creusant les problèmes que rencontrent les femmes en termes d’accès à certains métiers ou types de postes, de disparités de rémunération, de précarité…, je me suis vite rendu compte que ces inégalités n’étaient pas uniquement liées au monde du travail mais plus globalement à la place qu’elles occupent dans la société. Mon constat est donc le fruit d’un long parcours.
Dans quels domaines les femmes se font-elles toujours avoir par les hommes ?
Je ne dis pas que les femmes se font avoir par les hommes. « Se faire avoir » signifie dans le livre continuer à reproduire des comportements archaïques qui portent préjudice aux femmes, sans qu’elles en aient forcément conscience. J’explique la mécanique qui mène aux inégalités présentes dans tous les domaines, du travail on l’a dit jusqu’au sein de la famille ou dans la sphère publique. En France, les femmes représentent plus de la moitié de la population, et encore aujourd’hui, ce sont notamment les hommes qui occupent l’essentiel de l’espace économique, politique et social.
Dans l'enseignement, 93% des profs du 1er degré et 57% des profs du 2nd degré sont des femmes, alors que la majorité des personnels d'encadrement sont des hommes. Pensez-vous qu'un rééquilibrage des % de rapports de force changerait les choses en matière de GRH notamment ?
Plus souvent confrontées aux problématiques du quotidien puisqu’elles cumulent souvent la majeure partie des responsabilités familiales et leurs obligations professionnelles, les femmes peuvent en effet contribuer à faire évoluer la GRH notamment en tenant mieux compte de ces réalités. Mais ça n’est pas parce qu’elles sont des femmes, mais bien parce qu’elles assument la plupart des charges depuis la nuit des temps.
Que conseillez-vous aux femmes pour "ne pas se faire avoir", et notamment sur le plan professionnel à toutes nos lectrices enseignantes qui se sentent dévalorisées voire harcelées par leur chef d'établissement ou leur inspecteur ?
Difficile de répondre en quelques mots à une question qui soulève tant d’interrogations. C’est pour cette raison que je me suis attelé à ce travail d’écriture. La source des maux que vous décrivez vient du conditionnement et des stéréotypes. Pour que les mentalités changent profondément et permettre qu’enfin la situation évolue pour les femmes, il ne faut pas craindre de remettre en cause les préjugés et bousculer les idées toutes faites.
Pensez-vous qu'il soit possible dans notre pays, et souhaitable, que le quota de candidats aux concours respecte une stricte parité de femmes et d'hommes lauréats ? Cela changerait-il ces situations que vous décrivez ?
Il faut surtout que l’institution soit capable d’envisager ces candidats sans tenir compte du fait qu’ils soient des femmes ou des hommes. Ce qui compte ici, c’est le potentiel de compétences du candidat en lien avec les fonctions visées. Il faut éviter de devoir passer par la case « quota ».
Association Aide aux Profs, Mouvement associatif de seconde carriere des enseignants
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